St-Germain-le-Lièvre ET LAVAUR

Situé au pied du versant sud des Gardes, Saint-Germain eut son église, son cimetière, sa mairie, son école.

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Ce fut une paroisse de moins de 300 âmes. Plusieurs curés s'y succédèrent parmi lesquels P. Chamboux en 1696, F. de Sarazin en

1760, J. Chazal en 1771 et P. Marboutin en 1783. Ce fut sans doute le dernier car un incendie détruisit l'église. Les anciens racontent que, par désespoir, le prêtre se noya dans le ruisseau du Lac, tout proche. On peut aujourd'hui voir quelques vestiges de l'église au centre du village : la cuve baptismale et une dalle plate qui était peut-être la pierre de l'autel, surmontée d'une croix de bois refaite en 2016. Des pierres et des modillons ont été réutilisés dans les constructions environnantes. Elles ont aussi servi à bâtir le socle de la Croix d'Epines, place de la Croix, à Meymac. Comme cela se faisait autrefois, les morts étaient enterrés autour de l'église : le bâtiment d'école encore visible a donc été construit sur l'ancien cimetière.

Le village a été une Commune de 1790 à 1846, date à laquelle il a été rattaché à Meymac par une décision de la Chambre des Pairs. Il a compté jusqu'à  sept fermes, dont certaines n'avaient que deux vaches. La mairie se trouvait dans une des maisons  encore existantes.

Le village avait aussi son école. D'abord une maison particulière, vers 1900. Une cinquantaine d'enfants la fréquentait, pendant l'hiver car ensuite il fallait travailler aux champs. Ils ne parlaient que leur langue maternelle, le limousin - l'une des variétés de la langue d'Òc -, qu'ils devaient laisser à la porte de l'école où on l'on ne parlait qu'en français. A cette époque, les familles étaient souvent nombreuses : les enfants venaient de Continsouzas, du Peuch, du Bos, de Laborde, du Brigouleix, de Pérols, des Buigeottes, du Rio du Bos, des villages environnants. Il n'y avait qu'une seule institutrice. Les grands faisaient lire les petits. Et comme il n'y avait pas assez de tables pour tous, les enfants s'asseyaient sur les marches de l'escalier...

Le chêne, d'une circonférence de 4,50m, est le survivant d'un alignement le long d'une très ancienne route aujourd'hui disparue. Les plus anciens du village en ont connu trois, dont un visible jusque dans les années 50. Ils ont été plantés à l'époque de Sully, ministre d'Henri IV.

Sources : Jacqueline Monéger, Albert Roche. Dictionnaire des Paroisses du Diocèse de Tulle, Abbé Poulbrière, Base Mérimée des Monuments Historiques.

Lavaur

Lavaur tire son nom du gaulois "voberos", racine passée à l'occitan. Le mot a deux formes : une forme masculine, "lo vabre" et une forme féminine, "la vaur". Il désigne un ravin, une vallée étroite et profonde, aux flancs escarpés.

Autrefois, dans le village, chaque maison, chaque ferme possédait des vaches. En moyenne, les familles avaient 4 à 5 vaches et les plus grosses exploitations en comptaient de 12 à 15. Aujourd'hui, toutes ces petites exploitations ont disparu et il ne reste plus qu'un seul exploitant, devenu éleveur après des études effectuées au Lycée Agricole de Naves, près de Tulle. Il possède plus d'une quarantaine de vaches.

L'abreuvoir du village date de l'après-guerre, probablement des années 50. Il servait à abreuver les animaux mais aussi à alimenter les habitations qui n'avaient pas l'eau courante.

Les maisons étaient pour la plupart recouvertes de chaume, de "clujadas". Petit à petit ce type de couverture, pourtant très isolant du froid, a été abandonné au profit de l'ardoise de Travassac ou d'Allassac (ce qui nécessitait un renforcement de la charpente). Plus légers, tôle ou fibrociment (contenant de l'amiante), ont aussi été utilisés. Sur certains pignons de maison, on voit dépasser une pierre : une "pèira botissa", posée en travers du mur. Si les maçons trouvaient une pierre qui dépassait la largeur du mur (au minimum 50 cm), ils gagnaient un litre de vin !

Sur la route principale, une maison se détache par son aspect plus riche : il s'agit de la maison du "bourgeois", "lo borgès", marchand de vins à Libourne. Il avait son propre fermier ; le bâtiment agricole se trouve derrière la maison d'habitation. A cette époque, les conditions de vie difficiles obligeaient les paysans corréziens à s'expatrier dans d'autres régions pour subvenir aux besoins de la famille.

Sur la route qui mène au sommet du Mont-Bessou, on voit les restes d'un bâtiment de 15 m2 qui constituait, à lui seul, l'habitation où vivait toute une famille. L'étable qui abritait une seule vache nourrissait toute la maisonnée : exactement comme dans le roman "Sans Famille" d'Hector Malot, qui s'était bien documenté sur la région. En effet, il a situé la maison de la mère Barberin au Mont Audouze, à une vingtaine de km au nord de Meymac.

Un ancien (né en 1915) se souvient que lorsqu'il était petit, vers 4-5 ans, il montait jusqu'au sommet du Mont-Bessou, à cette époque une montagne pelée, sans arbres, pour aller garder les bêtes.

Les arbres sont apparus vers 1925 et l'élevage de moutons a disparu.

Source : Marcel Gratadour