Quelques-unes des personnalités qui ont marqué l'histoire de la ville : Dupuis de Saint-Pardoux, Gaye-Bordas, Lobel-Riche, Trech-Desfarges, Léon Roche, Marius Vazeilles...

 

ALMERY LOBEL-RICHE (1877-1950)

 commune meymac exode lobelriche   

Alméric Riche est né en 1877 à Genève, de parents français. Il fait des études aux Beaux-Arts de Montpellier.

Durant l'occupation, lors de la Seconde Guerre mondiale,"Lobel-Riche" choisit de s'installer à Meymac d’où

sa femme est originaire. Il réside alors dans la maison Durand face à l'église, à l'angle de la rue Saint-Jean.

Lobel-Riche, artiste graveur très apprécié pour ses oeuvres érotiques, maîtrise aussi bien les techniques de l'eau-forte, de la pointe sèche, que de la gravure sur bois. A Meymac, privé de son matériel qui est resté à Paris, il se consacrera principalement à la peinture.

Lobel-Riche a illustré des ouvrages célèbres : Les Diaboliques de Barbey d'Aurevilly, Poil de Carotte de Jules Renard, Le Spleen de Paris et Les Fleurs du Mal de Baudelaire, le Journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau, La Maison Tellier de Guy de Maupassant, Chéri de Colette, Salammbô de Gustave Flaubert.

Il est mort le 11 mai 1950. Il repose au cimetière de Meymac où il avait demandé à être enterré.

Apprécié par de nombreux bibliophiles, Lobel-Riche figure dans de grandes collections ainsi que dans des musées.

MARIUS VAZEILLES (1881-1973)

commune meymac vazeilles1

Marius Vazeilles est né 1881 à Messeix dans le Puy-de-Dôme, où son père est garde forestier pour la commune. Ce monde de la forêt le passionne. C'est donc presque naturellement qu'il suivra des études, d'abord au Centre d'Enseignement des Pratiques Sylvicoles des Barres, puis, de 1908 à 1910, à l'Ecole Secondaire des Barres, d'où il sort major de sa promotion. Devenu Garde général du Plateau de Millevaches, puis détaché au Service des Administrations agricoles, il s'installe à Meymac au début de 1914, avant d'être mobilisé au mois d'août. Une proposition du député Henri Queuille le ramène en Corrèze en 1915 afin de conduire un projet de plantations forestières sur le plateau de Millevaches, projet destiné à faire travailler des prisonniers de guerre allemands. L'ouvrage qu'il rédige à cette occasion, Mise en valeur du plateau de Millevaches, publié en 1917, reste l'un des ouvrages fondamentaux de l'aménagement agricole et forestier.

Mais ses engagements politiques ne lui valent pas que des amis, et pour l'éloigner, l'administration lui propose un poste d'Inspecteur Adjoint à Rodez. Marius Vazeilles refuse cette promotion et décide alors de s'installer à son propre compte, d'abord comme pépiniériste, puis comme expert forestier. Sur une vingtaine d'hectares de landes, au village de Barsanges, au Puy Chabrol, il crée un arboretum, et y implante à titre expérimental environ 400 nouvelles espèces forestières venues de tous les continents.

Parallèlement, il continue ses activités politiques : en 1919, il est candidat au Conseil général de la Corrèze dans le canton de Bugeat ; en 1920 il assiste au Congrès de Tours. Syndicaliste agricole, puis membre du Parti Communiste, il est aussi conseiller municipal à Meymac et se présente sans succès à plusieurs élections législatives. Finalement, il est élu député du Front Populaire pour la circonscription d'Ussel en 1936. Il organise et dirige la fédération communiste de la Corrèze et la Fédération Nationale des Paysans Travailleurs. Ayant pris position contre la signature du pacte germano-soviétique du 23 août 1939, il est déchu de son mandat électoral, arrêté et assigné à résidence à Tauves dans le Puy-de-Dôme. Marius Vazeilles se désolidarise alors du parti communiste et ne militera plus. Le Parti l'exclut le 30 décembre 1944. Cependant, il continuera son action syndicale jusque dans les années 1960.

Depuis qu'il est enfant, Marius Vazeilles se passionne pour l'archéologie. Il devient un spécialiste des époques gauloises et gallo-romaines. Il publie les découvertes faites lors de ses fouilles, notamment dans le Bulletin de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze (consultable dans les médiathèques de Tulle et de Brive). Dans un grand hangar qu'il construit spécialement pour cela dans son jardin, il expose les objets que les paysans et habitants du Plateau lui apportent, considérant qu'ils sont toujours leur propriété. En 1948, il a publié dans les Cahiers Archéologiques une "Histoire de Meymac" depuis la préhistoire (réédition disponible au Musée d'Archéologie et du Patrimoine Marius Vazeilles).

Il est décédé à Meymac, dans sa maison de Croiziat, le 6 juin 1973.

Titulaire de nombreuses distinctions, il était Officier du Mérite Agricole, Officier des Palmes académiques, Commandeur de l’Ordre National du Mérite, Chevalier puis Officier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur.

LÉON ROCHE (1898-1957)

commune meymac leonroche

Léon Roche est né le 13 février 1898 sur la commune de Palisse, au village du Feydel, dans une ferme que sa mère a reçue en dot. La ferme familiale a été, pendant des siècles et jusqu'à la Révolution, un bien de la puissante Abbaye Bénédictine de Bonnesagne. Elle est très petite, avec une maison en toit de chaume, une petite grange-étable, 11 ha de mauvaise terre, quatre vaches et un cochon. Son père, marchand de parapluies, est sur les routes 8 mois par an, comme bon nombre de migrants limousins. « Le petit Léon couche sur une paillasse, sous l'échelle de meunier qui mène au grenier à grains. » Il a une sœur, de 9 ans son aînée, qui héritera à son tour de la ferme lorsqu'elle se mariera en 1912. 

Son instituteur à Palisse, Monsieur Demathieu, remarque ses qualités hors du commun, et le pousse à s'inscrire à la Ferme-Ecole des Plaines, à Neuvic, pour y suivre des cours d'agriculture ; il l'aide ensuite bénévolement à préparer le concours d'entrée aux Ecoles Nationales d'Agriculture. Léon Roche, qui travaille d'arrache-pied tout en aidant ses parents à la ferme, réussit seul le concours d'entrée à Grignon en 1917, mais est aussitôt appelé sous les drapeaux. Blessé à Fontenoy, il reçoit la croix de guerre. Il ne reprend ses études à Grignon qu'en 1920 et en sort avec le diplôme d'Ingénieur Agronome.

Nommé à Ussel en 1924, il y organise 2 caisses de Crédit Agricole, ainsi que plusieurs coopératives, syndicats et mutuelles. Il procède à des expérimentations sur les céréales, rédige des manuels pratiques qu'il distribue aux agriculteurs, collabore avec l'Ecole d'Agriculture de Neuvic. Il crée même, sur ses propres deniers, une Ecole d'Agriculture ambulante d'hiver.

De 1931 à 1938, il est Directeur des Services Agricoles du Puy-de-Dôme. Il continue son action, et fonde l'Ecole d'Agriculture de Marmilhat (l'actuel Lycée Agricole) en 1934.

En 1938, il réussit le concours d'Inspecteur Régional de l'Agriculture et est affecté au Ministère, à Paris. Lorsque la Guerre éclate en 1939, Léon Roche est détaché au nouveau ministère du Ravitaillement. En tant que Directeur des approvisionnements en produits animaux, il est confronté aux exigences allemandes. Il essaye d'enrayer le pillage en maquillant les chiffres, mais il est bientôt révoqué de son poste par Vichy et réintègre l'Inspection Générale.

En 1943, il est nommé, par ses pairs, Chef du Service de l'Inspection Générale, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort. Parallèlement, il entre dans les FFI de Paris, et participe activement à l'insurrection populaire qui précède la libération de la ville.

A partir de 1951, il relance le Concours Général Agricole de Paris. En tant que Commissaire Général, il renouvelle totalement son organisation et lui donne une portée internationale. En 1955, il crée le Concours de Jugement de Bétail par les Jeunes. Ce concours existe toujours, sa finale est organisée chaque année à Paris lors du Concours Général Agricole, et le vainqueur est récompensé par la Coupe Léon Roche.

En 1951, Léon Roche fait construire une maison à Meymac. En 1953, il est élu conseiller municipal sur la liste de Marcel Audy, maire et conseiller général. Avec l'appui de différentes personnalités, dont Henri Queuille et Marius Vazeilles, il réussit à convaincre le Ministre de l’Agriculture et le Directeur Général des Eaux et Forêts de l'intérêt de créer une Ecole Forestière à Meymac. La commune achète les terrains, et le 4 août 1954 l'arrêté ministériel officialise le projet. L'Ecole ouvre ses portes le 4 novembre 1957. Mais quatre jours plus tard, Léon Roche décède, victime d'un infarctus, à 59 ans.

Une plaque a été apposée en son honneur dans l'amphithéâtre de l'actuel Lycée Forestier.

 Léon Roche était Commandeur de la Légion d'honneur, Commandeur du Mérite Agricole et Officier des Palmes Académiques. Il avait reçu la Croix de guerre 1914-1918 et la Médaille des Blessés.

 (Tous nos remerciements à François Mignon, auteur d'une biographie de Léon Roche dont s'inspire cet article.)

JEAN GAYE-BORDAS (1826-1900)

commune meymac Gaye Bordas                   Voir l'article "Meymac-près-Bordeaux"

PIERRE TRECH-DESFARGES (1754-1820)

Né en 1754, il fut éduqué par les moines mauristes, puis par les Jacobins de Limoges. Il part à Saint-Domingue en tant que chirurgien de la Marine, et à son retour, il devient avocat, puis notaire royal.

 La Révolution l'enthousiasme. Il est administrateur du département de la Corrèze et la Garde Nationale de son canton natal le retrouve à sa tête. En 1792, la Patrie est en danger. Pierre Trech-Desfarges s'engage dans le 3ème Bataillon, et il est promu général de brigade le 23 août 1793. Il défend Landau et doit venir témoigner à la Convention du courage de ses soldats. Esprit libre, il n'hésite pas à critiquer Marat.

En 1794, il est nommé administrateur militaire des Pyrénées Orientales. Puis, l'An VII de la République, il est nommé commandant de Marseille. Sur les champs de bataille, lorsque tombaient les boulets ennemis, il criait sans se lasser "Ventre à terre", si bien qu'on lui donna le surnom de "Général Ventre à terre". Lorsque Napoléon prit le commandement des armées françaises, il jugea que Trech-Desfarges était meilleur civil que militaire et le renvoya dans ses foyers. Il revint à Meymac, reprit sa profession de notaire et s'occupa de l'Hospice. Il signait ses lettres de la façon suivante : " Ex-Général de Brigade, réduit par Bonaparte à la profession de notaire".

Cependant en en 1813, il demande à reprendre du service. En 1814, Louis XVIII l'hohore d'une décoration. Mais quand Napoléon revient, il le rejoint à nouveau. En conséquence, après Waterloo, Louis XVIII l'exile un moment en Gironde. Gracié, il reviendra mourir à Meymac en 1820, laissant quelques écrits. Sa vie entière est à l'image de cette époque mouvementée.

(d'après BOURGOIN, "Le Bas Limousin")

Antoine (Pierre) DUPUIS de SAINT-PARDOUX (1642-1716)

commune meymac Antoine Dupuis

Antoine est le deuxième des cinq enfants qu'eurent Pierre Dupuis, sieur de Saint-Pardoux et Catherine Mary, tous deux issus de deux vieilles familles meymacoises.

Il est né le 8 novembre 1642 et a pour parrains, son grand-père maternel, Antoine Mary, et sa  grand-mère paternelle, Marie de Vesoles.

Docteur en théologie, il devint curé de la paroisse de Meymac le 5 septembre 1683 et le resta jusqu'à son décès le 29 février 1716.

Son premier vicaire, Pierre Bérald, donne les circonstances de son décès : il "fut attaqué entre trois et quatre heures d'après-midi d'une apoplexie causée d'un coup de soleil qui l'emporta nonobstant les remèdes le 29 dudit mois un samedi à cinq heures du soir. Il fut enseveli le second du mois de mars suivant accompagné d'un grand clergé et de deux compagnies de pénitents blancs et bleus et généralement de toute la ville parmi les regrets et les larmes de tous ses paroissiens."

Pierre Bérald ajoute : "Il a décoré l'église d’un beau pavé, de boiseries et de balustres qui règnent dans toute la nef. Il fit construire une belle chaire pour les prédicateurs, il procura et redressa tous les retables des autels comme celui de Notre-Dame du Rosaire et le maître autel qu'il fit dorer entièrement"

Avec sa sœur aînée, Catherine Dupuy de Saint-Pardoux (1638-1686), il crée l'Hôtel-Dieu proche de l'église, ainsi que le relate l'abbé Poulbrière : "Aidé de sa digne sœur, Catherine Dupuy, il abattit sa maison patrimoniale, située au bas de la ville, dont il était l'enfant, près de la porte du Rieu, acheta l'emplacement qui joignait cette porte et fit édifier l'Hospice (devenu en 2015 le Pôle Culturel "Clau del País"), en inscrivant ces mots sur le linteau de la porte : "Hospitum hic : alibi patria" (ici c'est un abri de passage: ailleurs existe une patrie)."

Par son testament du 30 septembre 1704, il lègue à l’Hospice son domaine du Magnaudeix, sa maison, son mobilier ainsi que son domaine de la Guignerie.

L'explorateur Treich-Laplène en a laissé un portrait moral: « [il] sut réunir en lui les qualités qui constituent la supériorité morale. Erudit, intelligent, d’une inépuisable charité, sa physionomie se détache et rayonne au milieu de ces luttes mesquines (entre les prêtres de l'église et les religieux de l’abbaye) qui divisaient la ville, et dont le mobile principal était l’orgueil et l’intérêt humain… L’amour des pauvres, l’affection des faibles, la déférence et le respect des grands ne lui firent pas défaut, mais une lutte opiniâtre, continue, incessante (avec l’abbaye), fut l’épreuve de sa vie et lui créa des adversaires et des inimitiés… Son dévouement aux pauvres ne lui fit pas oublier les règles de la justice et de l’équité ; et s’il chercha à faire affluer vers l’Hospice les dons et les offrandes, ce ne fut jamais au préjudice du repos des familles. »