Le 18 avril 1944, à 15h30, les gendarmes de la brigade de Meymac arrêtent une centaine de Juifs, des hommes, des femmes dont deux étaient enceintes, et une quinzaine d’enfants dont un bébé de 2 mois. Ces personnes, en provenance du Languedoc, avaient été assignées à résidence dans le canton de Meymac par la police de Vichy.

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Il s'agit de représailles : les maquisards de Maussac venaient d'attaquer

un convoi allemand quatre jours auparavant, avaient tué quatre soldats et fait de nombreux blessés. Le commandement allemand avait demandé, par voie d'affiche, la dénonciation des « Terroristes », sous peine de représailles contre la population de Meymac, Maussac-Lapleau et Egletons. Onze otages avaient été emprisonnés. Au matin de la rafle, ils étaient libérés.

Au courant de ce qui allait arriver, le gendarme Jean-Toussaint Eymard (qui sera révoqué dès le 19 avril pour désobéissance) avait pu prévenir certaines familles et leur avait conseillé de se cacher. Il arrêta les autres en leur demandant de le suivre... Libre à eux de disparaître derrière son dos...

Ceux qui avaient été arrêtés passèrent la nuit dans la grange de Panazol à Meymac. Puis ils furent emmenés en camions par les Allemands, le lendemain aux aurores, jusqu'à la gare. Les soldats voulaient les faire monter dans des wagons sans toit destinés au transport des grumes. Malgré la menace des mitraillettes, le chef de gare, Jules Gaume, refusa de faire partir le train. Il demanda à la gare d’Ussel la mise à disposition d’un train de voyageurs pour transporter ces personnes comme des êtres humains. Ils furent incarcérés comme des voleurs à la Maison d'Arrêt de Limoges, pendant 48 heures, puis envoyés à Drancy le 21 avril.

Certains furent déportés le 28 avril à destination d’Auschwitz : les enfants de moins de 15 ans, les femmes enceintes ou malades, les personnes âgées, ne sont pas entrées dans le camp, elles ont été directement conduites à la chambre à gaz ; puis leur corps a été brûlé dans les fours crématoires. Aucune trace de leur passage sur terre ne devait subsister. D'autres, uniquement des hommes, furent déportés le 15 mai à destination de Kaunas en Lituanie et Reval en Estonie (convoi 73). Le père et le frère de Simone Veil, arrêtés à Nice, faisaient aussi partie de ce convoi.

Une plaque avec leurs noms a été apposée sur le mur de la gare de Meymac en 2003.

Des « Justes parmi les Nations » :

Suzanne et Jean Melon ont caché une mère de trois enfants dont le mari avait déjà été déporté du camp de travailleurs étrangers de Neuvic.

Madame Marguerite Wajdenfeld-Lemoine s’est laissée arrêter avec son mari et son fils de 6 ans pour empêcher les gendarmes d’entrer dans la maison où étaient cachés deux enfants dont les parents avaient déjà été déportés.

Le Président Chirac a remis à ces trois personnes la légion d’honneur.

Leur nom est inscrit sur le mur du Mémorial de la Shoah dans l’Allée des Justes à Paris 4ème, et dans le jardin des Justes à Jérusalem.

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Source : Monsieur André Panczer, président de l'AMDM (Association pour la mémoire des Déportés de Meymac)