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Antoine est le deuxième des cinq enfants qu'eurent Pierre DUPUY, sieur de Saint-Pardoux et Catherine MARY, tous deux issus de deux vieilles familles meymacoises.
Il est né le 8 novembre 1642 et a pour parrains, son grand-père maternel, Antoine MARY, et sa grand-mère paternelle, Marie de VESOLES.
Docteur en théologie, il devint curé de la paroisse de Meymac le 5 septembre 1683 et le restera jusqu'à son déçès le 29 février 1716.
Son premier vicaire, Pierre BERALD, donne les circonstances de son déçès :il "fut attaqué entre trois et quatre heures d'après midy d'une apoplexie causée d'un coup de soleil qui l'emporta nonobstant les remèdes le 29 dudit moys un samedy à cinq heures du soir. Il fut ensevely le second du moy de mars suivant accompagné d'un grand clergé et de deux companies de pénitents blancs et bleus et généralement de toute la ville parmi les regrets et les larmes de tous ses paroissiens."
Pierre Berald ajoute :
"Il a décoré l'églize dun beau pavé, de boiseries et de balustres qui règnent dans toute la nef, Il fit construire une belle chaire pour les prédicateurs, Il procura et redressa tout les retables des autels et nomme celuy de notre dame du rosaire et le maître autel qu'il fit doré entièrement"
Avec sa soeur aînée, Catherine DUPUY de SAINT-PARDOUX (1638-1686), il crée l'hôtel-dieu proche de l'église ainsi que le relate Poulbrière : {I}"Aidé de sa digne soeur, catherine Dupuy, il abattit sa maison patrimoniale, située au bas de la ville, dont il était l'enfant, près de la porte du Rieu, acheta l'emplacement qui joignait cette porte et fit édifier l'hospice actuel, en inscrivant sur la porte cette inscription si bien faite pour élever les coeurs et les réconforter : "Hospitum hic : alibi patria" (ici simple abri de passage: ailleurs existe une patrie)."
Par son testament du 30 septembre 1704, il lègue à l’hospice son domaine du Magnaudeix, sa maison, son mobilier ainsi que son domaine de la Guignerie.
Treich-Laplène en a laissé un portrait moral: « (il) sut réunir en lui les qualités qui constituent la supériorité morale. Erudit, intelligent, d’une inépuisable charité, sa physionomie se détache et rayonne au milieu de ces luttes mesquines (avec les religieux de l’abbaye) qui divisaient la ville, et dont le mobile principal étaient l’orgueil et l’intérêt humain… L’amour des pauvres, l’affection des faibles, la déférence et le respect des grands ne lui firent pas défaut, mais une lutte opiniâtre, continue, incessante (avec l’abbaye), fut l’épreuve de sa vie et lui créa des adversaires et des inimités… Son dévouement aux pauvres ne lui fit pas oublier les règles de la justice et de l’équité ; et s’il chercha à faire affluer vers l’hospice les dons et les offrandes, ce ne fut jamais au préjudice du repos des familles. »
Il faut évoquer la destinée originale d'un habitant de Meymac : Pierre Trech-Desfarges. Né en 1754, il fut éduqué par les moines mauristes puis par les Jacobins de Limoges. Chirurgien de la Marine, il ira à Saint-Domingue et, au retour, devient avocat, enfin notaire royal.
La Révolution l'enthousiasme. Il est administrateur du département de la Corrèze et la Garde Nationale de son canton natal le retrouve à sa tête. 1792 : la Patrie est en danger. Pierre Trech-Desfarges s'engage dans le 3ème Bataillon, il est promu général de brigade le 23 août 1793. Il défend Landau et doit venir témoigner à la Convention du courage de ses soldats. Il n'hésite pas à critiquer Marat.
L'An VII de la république, il est nommé commandant de Marseille. Sur les champs de bataille, lorsque tombaient les boulets ennemeis, il criait sans se lasser "Ventre à terre", si bien que l'on donna ce surnom de "Général Ventre à terre". En 1794, il avait été administrateur militaire des Pyrénnées Orientales. Lorsque Napoléon prit le commandement des armées françaises, il jugea que Trech-Desfarges était meilleur civil que militaire et le renvoya dans ses foyers. Il revint à Meymac, reprit sa profession de notaire et s'occupa de l'hospice. Il signait ses lettres, dit-on, de la façon suivante : " Ex- général de Brigade, réduit par Bonaparte à la profession de notaire".
Cependant en en 1813, il demanda à reprendre du service. En 1814, changement : il est décoré par Louis XVIII. Mais quand Napoléon revient, il le rejoint à nouveau. Du coup, après Waterloo, Louis XVIII l'exile un moment en Gironde. Gracié, il reviendra mourir à Meymac en 1820, laissant quelques écrits. Sa vie entière est à l'image de cette époque mouvementée.
A. BOURGOIN "Le Bas Limousin"
Joseph Treich Laplène naquit à Clermont-Ferrand en 1818. Son frère Gustave, notaire à Ussel, fut le père de Marcel Treich Laplène, fondateur de la Côte d'Ivoire.
Il fit ses études de droit à Poitiers et devint Conseiller Général de Meymac et Juge de Paix dans cette même ville où il mourut en 1871.
Il remplaça le Maire pendant la Guerre de 1870, fut disgrâcié et réhabilité en mai 1871. Sa fille unique, Antoinette, épousa son cousin germain Laveix qui fit éditer, à titre posthume "Meymac et son abbaye" à Brive en 1887. Elle eut deux enfants : Marthe, mère de Madame Chabrol (décédée en 1989), épouse d'Emmanuel Lépine, et Joseph Laveix, avocat à Riom (Puy-de-Dôme) puis maire de Meymac de 1919 à 1925.
Jean Gaye-Bordas est né à Laval, Commune de Davignac en 1826, fils naturel de Marie Gaye. Son enfance s'épanouit dans la vie agricole du pays. Il ne sait ni lire ni écrire, mais très jeune, commence sa vie aventureuse de colporteur, de marchand de parapluies, de chiffonnier et son esprit ouvert le pousse vers l'émigration. C'est ainsi qu'il s'engage dans une équipe de rouliers, attelage à chevaux qui transportait la marchandise du Midi vers le Nord. Il atteint Bordeaux et le fait du hasard veut qu'en faisant du troc, il est chargé de distribuer des lampes à pétrôle en cuivre que Rockfeller avaient expédiées gratuitement en France afin de vendre le produit de sa découverte pour l'éclairage, le moteur à explosion n'existant pas encore. Il s'aperçoit qu'un greffier de Pauillac expédiait à son frère à Lille un fût de vin, sa curiosité est mise en éveil et il profite d'un convoi pour partir vers le Nord de la France et la Wallonie afin de placer ses lampes et le vin de Bordeaux.
Le vin de Bordeaux est assez recherché et l'histoire raconte qu'il lui suffisait de faire passer le tambour pour avoir des acheteurs et de collecter des bouts de papier sur lesquels le client avait mis son nom. Sa poche remmplie d'adresses, notre voyageur revient en Gironde, à Pauillac exactement, en plein vignoble, celui-ci est de toute beauté et produit des vins merveilleux. Des pourparlers s'engagent avec le maire de cette ville qui est propriétaire du château Lynch-Bages. Malheureusement les fonds manquent, une chance inattendue le favorise, le banquier de cette ville, Lapierre, est d'Aurillac et sympathisant dans leur patois auvergnat, il décide de lui couvrir ses expéditions. Le négoce est lancé, c'est l'âge d'or, une bouteille de vin se vend jusqu'à 70 francs.
jean Gaye-Bordas qui s'est enrichi fait la conquête d'une riche brésilienne, Madame de Fonta. Il fait construire rue du Jardin Public à Bordeaux, une échoppe à tourelles avec des pierres transportées de la Corrèze. Il achète en rente viagère un château à un curé du Médoc mais cet héritage est trop long à attendre, il revend le tout, car cet aventurier, au coeur généreux, dépense son argent plus vite qu'il ne le gagne, sa maîtresse l'abandonne, ruiné.
Il décide de revenir dans son pays natal et ce bâtisseur naît, fait édifier une auberge à deux étages, à Davignac, actuellement la Mairie. Il se marie avec Marianne Chaussade avac laquelle il aura deux filles.
En 1878, il achète le terrain à côté de l'abbaye de Meymac, il y construit un château à tourelles garnies de deux statues qui proviennent de St-Omer et qu'il baptise "Château des Moines Larose" étiquette dont il se servira longtemps. C'est du haut de ces tours que le dimanche à la sortie de la messe, il lançait des pièces d'or aux enfants. Il ne s'enrichit toujours pas et en 1886 il fait séparation de biens avec sa femme Marianne et vend en 1889 à Bunisset, le château tout meublé.
Il prodigue ses largesses sans compter, on l'invite aux mariages et nombreux sont ceux, qui dans la région, gardent de lui une pendulette, un cadeau venant de Belgique.
Il naquit le 29 décembre 1868 à Meymac. En réalité, il s'appelait Joseph Broussouloux. Curieuse coïncidence qui l'amènera à la musique : un jour, un talentueux musicien polonais qui, par sa femme, est apparenté à la famille Broussouloux, fait étape dans cette famille. Il porte avec lui un violon qu'il pose négligemment sur une table. Le jeune Joseph, intrigué, s'empare de cet instrument. Après avoir promené l'archet sur ses cordes, le voilà qui parvient à jouer quelques mesures d'un air connu. Stupeur du musicien polonais! Le petit Brousssouloux n'a pourtant jamais touché un violon de sa vie. Devant un tel prodige, le violoniste polonais s'engage à lui faire étudier l'instrument.
Très rapidement, le jeune Joseph progresse et bientôt il sera capable de faire danser. Il faut dire qu'à cette époque les musiciens-des violoneux pour la plupart- ne jouent "qu'à l'oreille", sans connaître la musique, aussi leur répertoire est-il assez lmimité : quelques bourrées, autant de valses, de scottishs, de mazurkas, de polkas, de sautières...ceci pour les meilleurs! Car pour beaucoup, le répertoire est encore plus limité! Ce qui importe avant tout pour eux c'est de posséder l'indispensable cadence qui permet aux danseurs de marteler le sol de leurs sabots sur un bon temps.
Joseph Brousssouloux, qui deviendra "Rempart" ne va pas tarder à s'imposer car s'il est capable de jouer le répertoire des violoneux, il possède en plus une technique de haut niveau qui lui permet de jouer des morceaux absoluments inédits ; des airs à la mode qu'il apprend avec la musique. On admire sa virtuosité, son incomparable coup d'archet. Parlant de lui, on dit qu'il fait "parler" son violon. En plus de cela, il possède une voix admirable et sait la mettre à profit.
Il jouera partout, à Meymac et sur le Plateau, seul ou avec d'autres musiciens. On le demandera pour les bals, les fêtes, les mariages de "bonnes familles" qui le réclament longtemps à l'avance.
Rempart donnera aussi des cours de violon à de jeunes élèves, prodiguera des conseils à ceux de ses collègues qui en solliciteront. Il tiendra une échoppe de cordonnier à Meymac. Une vieille dame meymacoise, alors jeune interne au cours complémentaire situé alors à Panazol, raconte que lorsqu'elle descendait en ville, ses cours terminés, avec ses copines, elles s'arrêtaient devant la boutique de Rempart et celui-ci les faisaient danser. Il jouera au Modern Hôtel. Paul Faugeron, devenu le célèbre "Popo" qui jouera du violon, évoquera souvent la mémoire de Rempart. Bien intégré dans la vie de la cité, il fera partie de la Société de musique locale "L'écho de la Luzège"-peut-être jouera-t-il du bugle? Durant son service militaire, il a joué dans la musique de son régiment. On raconte à son sujet une anecdote assez plaisante. Un jour, à Meymac, se tient une kermesse paroissiale. Le curé a demandé sa participation. Lorsqu'arrive le moment de se produire devant le public, il se met à chanter la chanson "Frou-frou", une chanson très à la mode mais que le curé écoute embarrassé et ne sachant que faire, car il la trouve quelque peu légère! On parle aussi de grands et beaux mariages avec un longue colonne d'invités que Rempart emmenait avec son violon pour un large tour de ville.
On ne compte pas les conquêtes féminines de Rempart. Il sait parler aux femmes, son prestige de musicien, sa merveilleuse voix font le reste. Une ombre au tableau cependant : entraîné par de nombreux amis qui l'entourent, il boit souvent plus que de raison et les retours de bals sont difficiles!
Malgré ses multiples intempérances, sa femme et sa famille l'entourent d'affection. Il en aura besoin. Sa fille, Marguerite, qui comme lui, possède une magnifique voix aura le privilège de chanter en l'église de Meymac pour une messe à la mémoire des héros de la guerre de 1914-1918. Encore jeune, le beau, le grand Rempart va devenir un homme fini, usé. Sa femme ne pourra empêcher qu'il détruise une partie de sa collection de violons quand il sent venir les troubles de la sénilité. Sa tête bat la chamade. Une nuit de l'hiver 1931, il échappe à la surveillance de son épouse pour aller voir l'heure à l'horloge du beffroi. Un coup de froid lui est fatal. Il meurt le 31 janvier 1932, à l'âge de 74 ans.
Maurice Edmond Saillant, journaliste et écrivain, dit CURNONSKY, est né à Angers dans la Loire, comme Joachim du Bellay, en 1872. Lorsqu'il fait ses débuts dans le journalisme, il cherche un pseudonyme. On est en pleine mode russe. "Pourquoi pas Sky?..." lui dit un ami. Cette interrogation en latin donne Cur non sky? Et c'est ainsi que le jeune Saillant devint Curnonsky. Auteur (nonchalant) de quelques livres et de milliers d'articles, l'Angevin gourmand fit un tour de France de la bonne chère.
En 1927, il fut élu "Prince des Gastronomes" par cinq mille de ses pairs, gourmets et grands chefs.
Il créa en 1930 l'Académie des Gastronomes et en 1945 la revue "Cuisine et Vins de France".
Il écrivit des nouvelles, des contes, des romans et aussi :
- La France Gastronomique, 1928
- le Trésor Gastronomique de France, 1933
- les Fines Gueules de France, 1935
Ce colosse de 120 kilos déclarait justement que "la cuisine, c'est quand les choses ont le goût de ce qu'elles sont."
Il est mort à Paris le 22 juillet 1956. Sa fin fut tragique. Il tomba de la fenêtre de son appartement au troisième étage, square Laborde et s'écrasa sur le trottoir. Curnonsky avait dit peu auparavant : "J'ai trop d'urée, j'ai trop duré." Car il ne fut jamais avare d'un bon repas ni d'un bon mot.
Lors de ses séjours à Meymac, il était pensionnaire de l'Hôtel Bragadour puis de l'Hôtel Boulue "Le Limousin"
Jacques Kother
Marius Vazeilles, né le 29 juillet 1881 à Messeix (Puy-de-Dôme), mort le 7 juin 1973 à Meymac (Corrèze), fut expert forestier, syndicaliste et archéologue.
Fils d'un garde forestier, sorti major de l'École forestière des Barres, il fut d'abord instituteur stagiaire à Saint-Sauves-d'Auvergne, puis entre 1911 et 1912, il occupe le poste de garde général des eaux et forêts à Mauriac. En 1913, il est détaché au service des améliorations agricoles et s'installe à Meymac.
Pendant la guerre, il est mobilisé et c'est en 1915 qu'il est détaché de l'armée, sur l'intervention d'Henri Queuille pour mettre en valeur le plateau de Millevaches. Il répertorie de façon détaillée cette région et en 1917 il publie son ouvrage Mise en valeur du Plateau de Millevaches, lequel demeure encore l'un des ouvrages fondamentaux de l'aménagement forestier et agricole.
En 1919, il quitte l'administration des Eaux et Forêts, devient pépiniériste puis expert forestier à Meymac. Il met au point au Puy Chabrol l'implantation de près de 400 nouvelles espèces forestières (surtout des résineux) inconnues dans la région et plante 38 hectares d'arboretums.
Également passionné d'archéologie, il devient un spécialiste des époques gauloises, gallo-romaines et mérovingiennes dont il met en évidence les traces sur le plateau de Millevaches. Il fouille inlassablement, classe et publie ses découvertes qu'il rassemble en collections parfaitement répertoriées. La majeure partie de ses collections, fruits de plus de 150 études, est regroupée au Musée Marius Vazeilles suite à la création, en 1974, de la fondation Marius Vazeilles présidée initialement par sa fille, Mme Marcelle Magnier-Vazeilles. Ses découvertes, qu'il avait jusque là placées dans son jardin, furent ainsi regroupées dans l'ancienne abbaye Saint-André de Meymac.
Il fut aussi un militant convaincu du syndicalisme agricole au sein du parti communiste français de 1924 à 1928. Conseiller municipal communiste à Meymac, élu en 1936 député du Front populaire pour la Circonscription d'Ussel, il organise et dirige la Fédération Socialiste de la Corrèze et la Fédération Nationale des Paysans Travailleurs. Malgré son désaccord avec le pacte germano-soviétique de 1939, il est interné par la Troisième République.
Henri Queuille, malgré son opposition politique, tente de le faire libérer mais sans succès. Marius Vazeilles se désolidarise du parti communiste et ne militera plus.
Pour visiter le site de l’association : ASSOCIATION FONDATION MARIUS VAZEILLES
Alméry LOBEL-RICHE, pseudonyme de Riche Alméric, né le 3 mai 1880 à Genève de parents français, mort en 1950 à Paris. Il fait ses études aux Beaux-Arts de Montpellier puis à Paris à partir de 1885. Peintre, graveur, illustrateur, Lobel-Riche est connu du grand public pour ses représentations du monde de la galanterie.
Piere Mac Orlan a écrit à son sujet :
"Lobel-Riche fut toujours un artiste profondément attiré par les disciplines éprises de calme et d'équilibre, que la beauté féminine domine quand elle a dépassé les créations un peu faciles de la galanterie. Dans le monde de ses dessins classiques et savants dans leur classicisme, la lumière originelle est celle de la beauté conçue dans les mythologies esthétiques".
Si cet artiste n'est pas issu de la terre limousine, il en est devenu l'enfant d'adoption le jour où il épousa une jeune fille de Meymac, qui sera sa fidèle compagne jusqu'à son dernier souffle. Née dans une vieille famille meymacoise bien connue : les Durand-Bossuet, elle lui fit connaître notre petite cité dont il tombe amoureux et qu'il fréquente régulièrement chaque fois que ses occupations artistiques, qui l'attachent à Paris, le lui permettent.
Pendant les heures sombres de la guerre et de l'occupation, il choisit même de s'y fixer et réside dans la maison Durand face à l'église, à l'angle de la Rue St-Jean.
Et plus encore, il voulut y demeurer pour l'éternité puisque sa dépouille repose au cimetière de Meymac.
Il travaille à Meymac où il s'adonne principalement à l'exercice de l'Art pictural, son matériel de gravure et de lithographie étant resté dans son atelier parisien. Car si Lobel-Riche est un excellent peintre, il acquit la célébrité par son talent de graveur. C'est un artiste exceptionnel qui maîtrise aussi bien les techniques de l'eau-forte, de la pointe sèche, que de la gravure sur bois.
Son oeuvre gravée est immense. Familier de Baudelaire, il écrit à son sujet : " Le poète des Fleurs du Mal est le premier, le plus grand poète de la femme moderne. Beaucoup le chanteront après lui, mais il est resté le Maître et le Modèle".
Oui, l'oeuvre de Lobel-Riche est immense puisqu'il a illustré 36 ouvrages outre Les Fleurs du Mal. Parmi les plus célèbres citons : de Baudelaire : Le Spleen de Paris, Chansons pour Elle, Parallèlement et Chair de Paul Verlaine, Chéri de Colette, Rolla d'Alfred de Musset, l'Eloge de la Folie d'Erasme, La Fille aux yeux d'or de Balzac, Le Journal d'une femme de Chambre d'Octave Mirbeau, Poil de Carotte de Jules Renard, les Diaboliques de Barbey d'Aurevilly,La Maison Teillier de Guy de Maupassant, les Luxures de Maurice Rollinat et bien d'autres grands auteurs ...
Lobel, comme l'appelaient ses amis, aimait Meymac et son environnement. Il se promenait avec son carnet de croquis et son chevalet! Certains se souviendront peut-être de sa robuste silhouette.
Les huiles qu'il a faites de Meymac et de ses environs sont nombreuses, notamment "Chemin de Croiziat" reproduit dans le bel ouvrage écrit sur l'artiste par Robert Margerit, un autre limousin de Paris.
Sa notoriété avait atteint à son décès une telle importance qu'une exposition de son oeuvre fut inaugurée en 1951 dans une grande Galerie d'art du Faubourg St-Honoré par Monsieur Queuille, Président du Conseil et par Georges Huysmans, Directeur des Beaux-Arts.
Apprécié par de nombreux bibliophiles dont le grand collectionneur Daniel Sikles, il figure dans de grandes collections et dans des musées.