Patrimoine

LA REVOLUTION FRANCAISE

La Mascarade et la guillotine

Le 12 décembre 1793, les commissaires du district d'Ussel avaient convoqué tout le canton, dont notre petite ville était devenue le chef-lieu, à venir célébrer une fête civique. Quelques gredins de l'endroit ou des environs requièrent le cheval de M. Mary du Chassaing, absent, lui passent une étole à la queue, hissent sur son dos un des leurs, vêtu d'une chasuble, et, affublés eux-mêmes d'autres ornements sacerdotaux, gagnent l'église, le calice à la main. Ils avaient si odieusement profané ce calice que l'histoire honnête hésite à préciser le mode et se borne à le faire supposer. Ils conduisent le cheval jusqu'au sanctuaire, jusqu'au pied de l'autel. Là, l'aubergiste déguisé en prêtre tourne la tête de l'animal vers le peuple, déjà tout frémissant d'indignation et lui crie : "Citoyens, voilà votre Dieu." Sur cette parole d'horrible blasphème, un coup de bâton frappe le blasphémateur; on le précipite à bas de son cheval, une rixe s'engage qui oblige à fuir toute la mascarade, et la bête reonduite elle-même au bas de l'église est assommée à l'instant sous le porche.
Le lendemain, terrible réveil! Le tocsin sonne dans les campagnes, "pour prévenir une nouvelle Vendée". Un commissaire de Tulle écrit d'Egletons à cette ville : "je vous demande de prompts secours...et la sainte guillotine". Lanot arrive en force à Meymac le 18; les prisons enferment déjà 60 prisonniers. On juge ces malheureux dans l'église même, devenue, comme on pense,, temple de la Raison, et une sentence du 23 condamne à mort trois des plus compromis : Lafon, notaire à Meymac; Audin, maire de Davignac et Pradeloux, maire de Barsanges plus deux paysans, un d'Ambrugeat, un de Darnetz. Ils sont exécutés, le lendemain sans rémission...
Extrait du Dictionnaire des Paroisses de l'Abbé Poulbrière.